Le libre-marché est supposé être libre

Chaque fois qu’une crise économique frappe comme c’est arrivé en fin de 2008, il y aura toujours des anti-capitalistes pour dire: «Ahah! C’est la preuve que le capitalisme est instable», tandis que les défenseurs du libre-marché (comme moi) disent que: «Non, non, non, ça n’a rien à voir avec un marché libre. Naturellement personne ne nous croit et nous avons à sortir des références à n’en plus finir pour essayer de convaincre nos interlocuteurs. Alors laissez-moi vous donner quelques arguments faciles pour faire votre point.
Une économie libre est… libre. Libre de corporatisme, favoritisme, protectionnisme et tout autre «isme» qui veut dire que quelqu’un essaie de vivre au dépens des autres. Si un milliardaire ou un pauvre ont besoin d’aide, ils doivent la trouver sans piger dans les poches des autres.
Il n’y a qu’un bon usage pour la force de l’état et c’est pour protéger les citoyens et leur propriété. C’est ce que le libéralisme classique entendait par « laisser-faire ». A-t-on besoin de règles? Bien sûr. Mais les marchés qui n’ont pas été corrompus par le gouvernement s’auto-règlementent. Dans une économie libre, une banque qui fonctionne avec des réserves fractionnaires et qui ne peut pas remplir ses obligations envers ses déposants fait faillite, elle ne fait pas application pour un « bailout » du gouvernement. Elle ne peut pas compter non plus sur un prêt d’une banque centrale qui n’existerait pas.
Une banque centrale comme la Banque du Canada ou la Réserve Fédérale ne pourrait pas exister dans un marché libre parce qu’elle requiert un monopole dans la création de billets de banque qui ne peut pas se produire sans la force de l’état. L’assertion que la banque centrale est indépendante de l’état est risible. Par son achat de titres d’obligation du gouvernement, la banque centrale permet aux politiciens de financer tous leur petits projets sans hausser les taxes.
La taxe cachée de l’inflation est parfaite pour leurs besoins et laisse l’impression que le gouvernement est une source illimitée de largesses alors qu’ils peuvent blâmer les crises sur les méchants capitalistes et spéculateurs. En grugeant tranquillement notre pouvoir d’achat, l’inflation prend la richesse des poches des pauvres et de la classe moyenne et la transfère aux banquiers et aux tis-namis du pouvoir.
Le seul fait d’avoir une monnaie rend impossible d’avoir un marché libre car celle-ci doit être imposée par l’état. Cette monnaie permet à l’état de gonfler la masse monétaire sans aucune retenue. La monnaie de papier n’est pas un phénomène de marché, elle est là seulement quand les gros bras de l’état nous forcent à l’accepter.
Les taux d’intérêts sont un autre facteur. Dans une économie libre, ces taux remplissent un rôle très important sur le marché. Ils indiquent la quantité de crédit disponible à partir d’épargnes réelles. Si ces taux sont contrôlés par une banque centrale, comme ils le sont actuellement, ce signal de marché est faussé et ne rapporte pas au marché l’état réel des ressources disponible. C’est ça, avec le système de réserves fractionnaires des banques qui cause les cycles économiques. Il est donc impossible de parler de marché libre ici.
Donc, tant et aussi longtemps que l’état fera des règlementations qui favorisent les uns aux dépens des autres, tant qu’il y aura des banques centrales et des réserves fractionnaires et tant que les banques centrales pourront fixer les taux d’intérêts à leur guise, il ne peut pas y avoir de libre-marché.









Posts

En appliquant la même logique aux États, les États qui ont trop de réglementations devraient s’affaiblir et faire faillite et être écrasés par les États concurrents. Alors pourquoi les États développés ont-ils tous des gouvernements forts? Pourquoi occupent-ils une place grandissante de l’économie? Pourquoi est-ce ces pays qui tirent les autres vers le haut grâce au transfert technologique et à la délocalisation? Les pays ayant le moins de réglementation sont les paradis fiscaux; la richesse par habitant y est élevée mais que produisent-ils? Rien que de la spéculation.
Une réglementation anti-trust n’est efficace que si exercée par un État fort? Sans cette réglementation anti-trust, le libre-marché est en péril. Le «banquiers et les tis-namis du pouvoir» ne disparaîtront pas pour autant mais ils seront «libres» d’encadrement, le véritable pouvoir étant exercé par des monopoles privés.
La réserve fractionnaire a donné des résultats plutôt bons jusqu’en 2008. Et la réglementation peut adapter le ratio si on le considère trop faible.
Aime ou Déteste:
0
1
@ Bertrand
Les États-Unis sont passés de colonie agraire à super-puissance largement en laissant la libre-entreprise libre, du moins jusqu’aux années 1920. Il est important d’avoir un gouvernement fort pour protéger les droits de propriété et protéger les citoyens des agressions et du vol. Au-delà de ça l’intervention du gouvernement n’est pas nécessaire.
Ah, cette bête noire des gauchistes qui ne peut exister que lorsque l’état confère et protège ce monopole? Comment pensez-vous que Bell a conservé un monopole pendant toutes ces années. Quant aux monopoles privés, parlons-en! Prenons par exemple Standard Oil qui a réduit le prix du kérosène de 30¢ le gallon en 1869 à 5.9¢ en 1897 et comparons-le à ce que fait la SAQ qui nous charge plus cher que partout ailleurs au Canada… Pour payer ses caissiers $24 l’heure.
Un monopole privé, sans la protection de l’état ne peut pas abuser de sa position dans un marché libre. Sa position dominante dépend du bon vouloir des consommateurs.
La réserve fractionnaire est une des causes principales des cycles économiques et des bulles.
Aime ou Déteste:
2
0