Le doigt dans l’oeil

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C’est effarant certaines des âneries qu’on lit dans les journaux récemment au sujet de l’efficacité des baisses d’impôts proposées par Jim Flaherty, comme cette chronique d’Alain Dubuc par exemple… Cette chronique de Nathalie Elgrably explique bien pourquoi les journalistes comme M. Dubuc se mettent le doigt dans l’oeil. [Caractères gras ajoutés]



Un répit pour le contribuable

Nathalie Elgrably

Depuis que le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a annoncé son intention de réduire les impôts, on entend partout le même refrain : baisser les impôts est une mauvaise idée. Il vaudrait mieux que l’État augmente ses dépenses publiques et, surtout, ses dépenses en infrastructures.

Vu l’état de nos infrastructures, des améliorations sont certes indispensables. Toutefois, affirmer qu’elles constituent un remède à la morosité de l’économie est carrément absurde. En 1930, le gouvernement des États-Unis s’était lancé dans ce genre de dépenses. Résultat ? Toute la décennie avait été plongée dans un marasme économique historique, accompagné d’un taux de chômage moyen de 17%! Ce n’est qu’après le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale que le chômage put revenir à son niveau de 1929.

Après l’éclatement de sa bulle immobilière en 1989, le Japon a voulu également redresser son économie en investissant massivement dans les infrastructures et en réduisant les taux d’intérêt à zéro. Rien n’y fit. Entre 1990 et 2002, le Japon a traversé plusieurs récessions. On parle même de la « décennie perdue ». En revanche, en appliquant les pratiques keynésiennes, le Japon a réussi un « formidable exploit »: il est maintenant le pays le plus endetté de l’OCDE!

Quant à l’administration Bush, elle est certainement la plus keynésienne des 25 dernières années. On connaît le résultat.

Qu’on fonde des espoirs sur les dépenses en infrastructures est une chose. Mais pourquoi cette levée de boucliers contre les baisses d’impôts ? On dit qu’elles seront inutiles et inefficaces car les gens s’en serviront pour épargner ou pour rembourser leurs dettes. Un économiste d’une institution financière chérie des Québécois a même déclaré aux médias que les baisses d’impôts seront vaines car l’argent que nous retournera le gouvernement ne sera pas entièrement « réinvesti » dans l’économie. Vraiment ? Mais alors, où cet argent ira-t-il ? S’évaporera-t-il dans l’atmosphère? Va-t-il flotter dans un univers parallèle jusqu’à ce qu’on le dépense?

Le fonctionnement de l’économie est simple: ce qui sort de la poche de l’un entre nécessairement dans la poche de l’autre, et vice-versa. Ainsi, un contribuable qui alloue sa réduction d’impôts de 1 000 $ au remboursement d’une dette procure à son créancier une entrée d’argent. Et que fait-on quand on dispose de plus de moyens ? On dépense ou on investit, ou les deux ! Un raisonnement similaire prévaut dans l’éventualité où la réduction d’impôts sert à financer l’épargne. Les institutions financières se servent des dépôts des uns pour consentir des prêts aux autres. L’absence d’épargne rend impossible l’octroi de prêts ! Et pour quelle raison quelqu’un emprunterait-il si ce n’est pour payer un achat ?

Contrairement aux âneries qui circulent depuis une semaine, toute réduction d’impôts est nécessairement réinjectée dans l’économie. Mieux encore, l’histoire nous a prouvé que réduire les impôts est un excellent moyen de dynamiser une économie. Même Keynes serait d’accord !

On pourrait également citer Christina Romer, professeure d’économie à l’université Berkeley, directrice du comité des conseillers économiques de l’équipe de Barack Obama et keynésienne convaincue. Mme Romer a récemment publié une étude dans laquelle elle démontre l’efficacité inégalée des réductions d’impôts. D’après ses recherches, une réduction d’impôt de 1 $ fait augmenter le PIB de 3 $ !

Les Québécois sont parmi les contribuables les plus taxés en Amérique du Nord. En 2008, ils ont travaillé du 1er janvier au 26 juin pour payer tous leurs impôts. Pourquoi donc s’offusquer ainsi à l’idée de leur donner un peu de répit… à moins, évidemment, de confondre le contribuable avec une piñata !?


«Un économiste d’une institution financière chérie des Québécois a même déclaré aux médias que les baisses d’impôts seront vaines car l’argent que nous retournera le gouvernement ne sera pas entièrement « réinvesti » dans l’économie. Vraiment ? Mais alors, où cet argent ira-t-il ? S’évaporera-t-il dans l’atmosphère? Va-t-il flotter dans un univers parallèle jusqu’à ce qu’on le dépense?»

Que d’âneries en effet…

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

6 Réponses à “Le doigt dans l’oeil”

  1. Par contre, n’est-ce pas la même Nathalie Elgrably qui disait qu’il était de mauvaise foi de parler de récession aux U.S.A. en Janvier dernier?

    J’avais alors fait quelques analyses:
    http://resultbasedpolitic.blogspot.com/2008/02/une-rcession-en-2008.html

    Je trouve que Elgrably est meilleure pour critiquer que pour faire des analyses qui tiennent l’epreuve du temps.

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  2. @JC Clement

    Par contre, n’est-ce pas la même Nathalie Elgrably qui disait qu’il était de mauvaise foi de parler de récession aux U.S.A. en Janvier dernier?

    J’avais déjà lu votre billet. Il est clair qu’elle était à côté de la plaque en cette occasion, mais je vous dirais qu’elle était loin d’être la seule.

    Je trouve que Elgrably est meilleure pour critiquer que pour faire des analyses qui tiennent l’epreuve du temps.

    Peut-être, mais elle a parfaitement raison cette fois-ci. Et les soit-disant experts qui protestent les baisses d’impôt ont tort.

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  3. >Peut-être, mais elle a parfaitement raison cette fois-ci. Et les soit-disant experts qui >protestent les baisses d’impôt ont tort.

    En fait, la grande erreur, c’est les Conservateurs qui l’ont fait en abaissant la TPS (pas de commentaire de Elgrably alors); le plan Libéral etait bien supérieur (baisse d’impot). Les conservateurs on rectifiés par la suite en ré-introduisant les baisses d’impots des Libéraux, mais c’était trop tard, le signal était lancé. C’est dommage que Paul Martin ne soit pas passé; ses plans économiques était beaucoup plus sains que ceux des conservateurs. Et maintenant, on nous annonce que la dette canadienne augmentera potentiellement de 100 millions encore des prochaines années.

    Les Conservateurs canadiens sont malheureusement des conservateurs sociaux, pas économique…

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  4. @ JC Clement

    Il me semble avoir lu une chronique de Mme Elgrably où elle critiquait les baisses de TPS, mais j’essaierai de la trouver pour en être certain.

    En fait, la grande erreur, c’est les Conservateurs qui l’ont fait en abaissant la TPS (pas de commentaire de Elgrably alors); le plan Libéral etait bien supérieur (baisse d’impot). Les conservateurs on rectifiés par la suite en ré-introduisant les baisses d’impots des Libéraux, mais c’était trop tard, le signal était lancé. C’est dommage que Paul Martin ne soit pas passé; ses plans économiques était beaucoup plus sains que ceux des conservateurs. Et maintenant, on nous annonce que la dette canadienne augmentera potentiellement de 100 millions encore des prochaines années.

    Les Conservateurs canadiens sont malheureusement des conservateurs sociaux, pas économique…

    Je n’ai pas d’allégeance envers les conservateurs, mais je sais que plusieurs d’entre eux sont effectivement de la droite économique. Le problème est en fait un problème politique. Stephen Harper est un adepte du marché-libre et du laisser-faire économique, mais dans le climat politique actuel avec la coalition des losers qui aiguise ses couteaux, il ne semble pas avoir le courage politique de défendre ses convictions. C’est malheureux, mais ils vont sombrer dans une orgie de keynésianisme pour s’accrocher au pouvoir, parce que l’opposition les renversera certainement s’ils arrivaient avec un budget de baisses d’impôt et de coupure de dépenses, comme le voudrait la doctrine autrichienne. Personne ne veut de politiciens qui ne font rien, même si la meilleure chose à faire est de ne rien faire. La plupart des blogueurs libertariens sont révoltés du manque de couilles des conservateurs.

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  5. comme d’habitude je suis en desaccord avec Elgrably. Le monde a la chienne en ce moment et personne vas vouloir emprunter pour s’acheter une bagnole ou whatever quand il sait que la crise vas frapper (quand il le sait pas et comment fort non plus).  Alors l’idee que des gens vont depenser le surplus d’argent qu’ils obtiendrais grace a une baisse d’impot est farfelue. Le monde vont plutot le mettre a la banque ou encore pire ou mieux c’est selon le placer en dessous de leur matelas …etant donne que les banques ont perdu une certaine confiance avec ce qui s’est passe aux States

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  6. @ Stephane.G

    Je te re-cite un passage de la chronique:

    Le fonctionnement de l’économie est simple: ce qui sort de la poche de l’un entre nécessairement dans la poche de l’autre, et vice-versa. Ainsi, un contribuable qui alloue sa réduction d’impôts de 1 000 $ au remboursement d’une dette procure à son créancier une entrée d’argent. Et que fait-on quand on dispose de plus de moyens ? On dépense ou on investit, ou les deux ! Un raisonnement similaire prévaut dans l’éventualité où la réduction d’impôts sert à financer l’épargne. Les institutions financières se servent des dépôts des uns pour consentir des prêts aux autres. L’absence d’épargne rend impossible l’octroi de prêts ! Et pour quelle raison quelqu’un emprunterait-il si ce n’est pour payer un achat ?

    Contrairement aux âneries qui circulent depuis une semaine, toute réduction d’impôts est nécessairement réinjectée dans l’économie. Mieux encore, l’histoire nous a prouvé que réduire les impôts est un excellent moyen de dynamiser une économie. Même Keynes serait d’accord !

    Ce qu’elle explique ici est que même si on ne dépense pas cette réduction d’impôt et qu’on rembourse nos dettes avec, ou qu’on l’économise, ou qu’on l’investit, c’est bon pour l’économie. Il n’y a pas que la consommation qui stimule l’économie. C’est même l’activité qui la stimule le moins. Si on rembourse nos dettes, la banque peut prendre cet argent, avec les intérêts et la prêter à quelqu’un d’autre. Si on met notre argent dans notre compte de banque également. Si on l’investit, notre argent contribuera peut-être à l’expansion d’une compagnie qui créera de la richesse et des emplois. C’est pour ça que les baisses d’impôts sont une mesure efficace.

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