Vive l’inégalité…

Dernièrement on m’a interrogé au sujet de la note qu’a obtenue le Canada dans le dernier rapport de l’OCDE sur les inégalités de revenus. Il semble que nous avons un plus gros écart que la plupart des pays de l’OCDE. Naturellement, la question m’a été posée dans le but de discréditer le capitalisme comme un système qui favorise l’inégalité entre les riches et les pauvres.
Ah, l’inégalité! Ce cheval de bataille préféré de la gauche, pour qui c’est impardonnable de faire plus d’argent que les autres, même si on travaille pour. Pourtant, l’écart de revenu entre les riches et les pauvres compte pour très peu quand on examine les choses de plus près. Au Canada, cet écart s’est creusé parce que les riches se sont enrichis plus rapidement que les classes moyennes où pauvres. Mais si nos riches ont un revenu moyen 33% plus élevé que la moyenne de l’OCDE, nos classes moyennes et pauvres font 18% de plus que leurs contreparties dans l’OCDE. Nos pauvres s’enrichissent moins vite, mais ils s’enrichissent tout de même plus vite que la plupart des pays de l’OCDE.
L’égalitarisme n’est pas gage d’un meilleur niveau de vie pour les classes plus pauvres, il est plutôt la marque d’un moins bons niveau de vie pour les plus riches et la classe moyenne. Une société égalitaire est généralement plus pauvre qu’une société inégalitaire. De plus, selon le rapport, la mobilité sociale est meilleure au Canada que dans la plupart des pays, ce qui donne aux canadiens plus pauvres une meilleure chance de s’enrichir.
Suis-je troublé parce que l’écart se creuse entre les riches et les pauvres? Absolument pas.









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Voici quelques extraits d’articles de journaux qui laissent croire que les écarts de revenus peuvent créer du malheur même si les niveaux de richesse des moins bien nantis sont relativement élevés:
- « Il y a un paradoxe au cœur de notre civilisation, écrivait récemment Richard Layard, économiste à la London School of Economics. Les individus veulent de meilleurs revenus, Pourtant, bien que la société soit devenue plus riche, les gens ne sont pas plus heureux». [...] Les grands sondages mondiaux sur les valeurs réalisés par le chercheur américain Ronald Inglehart ont montré comment les populations d’Amérique latine et de certains pays d’Extrême-Orient témoignaient d’un sentiment de bien-être presque aussi grand que dans les pays riches, bien qu’elles ne disposent que d’une fraction de leur confort matériel. [...] Aucun autre changement ne vous fera autant progresser dans l’échelle du bonheur que de passer du groupe le plus pauvre au groupe le plus riche d’une société» dit l’économiste américain Robert Franck. Ce qui rend heureux, ce n’est pas le revenu absolu, précise-t-il immédiatement, mais le revenu relatif, c’est-à-dire le fait d’être plus riche que les autres, quel que soit le niveau de cette richesse. En fait, à l’exception des gens plongés dans l’indigence extrême, «le revenu absolu n’a aucune importance». [...] L’être humain [...] se sent bien lorsqu’il a le sentiment d’avoir fait mieux que les autres [...]. Pour nos sociétés, une telle course au bonheur est perdue d’avance [...] à moins qu’on n’(sic) apprenne à ses membres à s’occuper aussi de leurs autres besoins, comme la sécurité, la santé ou l’affection. [...] [Les gouvernements] pourraient cesser d’être aussi défensifs en ce qui concerne l’impôt, dit [l’économiste Richard Layard], et reconnaître qu’ils tiennent là un de leurs outils les plus efficaces pour décourager une personne de travailler sans fin au détriment de sa vie personnelle.»
(Le Devoir, 19 oct. 2005, C4-5, Éric Desrosiers, « L’argent ne fait pas le bonheur »).
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Extraits (suite)…
- «Même si, vu de l’extérieur, certains New-Yorkais beaux, riches et célèbres ont l’air d’être comblés par la vie, leur détresse est réelle si, eux, sentent qu’ils ne sont pas à la hauteur de leurs pairs, dit [Alicia Hirsch, psychologue au Mount Sinai Medical Center] . Un homme d’affaires ayant «seulement» un petit avion privé à hélice peut ainsi être réellement malheureux de ne pas avoir deux jets».
(La Presse, 7 oct. 2007, A4, Marie-Claude Lortie, «Toujours vouloir plus et encore plus».).
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Extraits (suite) ( Je crois comprendre qu’en laissant des lignes vides entre des paragraphes que l’on « copier-coller », ce site Internet ne retient que le premier paragraphe).
- « Ici [au Danemark, le pays où les gens seraient les plus heureux au monde], personne ne se montre très entreprenant ou très compétitif. Ce sont des choses qui existent mais on le cache. Ce ne sont pas des caractéristiques de notre personnalité que l’on met en évidence. La richesse, d’ailleurs, est plutôt cachée », note [Peter Gudelach, professeur au département de sociologie de l’Université de Copenhague]. Cette modestie fait partie de la culture, [...] « L’idée de ne pas être plus riche que les autres ou du moins de ne pas se présenter ainsi fait réellement partie de la morale », dit le psychologue Torben Bechmann Jensen. D’ailleurs, le Nord-Américain qui se promènera dans les quartiers « riches » de la métropole [Copenhague] remarquera à peine qu’il est dans la zone cossue. Les belles voitures et les grandes maisons sont derrière d’immenses haies anonymes. Lois des regards de ceux qui ne pourraient pas s’offrir autant. »
(La Presse, 7 oct. 2007, A2-3, Marie-Claude Lortie, « Heureux comme un Danois »).
- « Ce qui joue aussi en faveur du Danemark, c’est une certaine pudeur par rapport à la richesse qui évite aux autres de se comparer. Si tu penses que tu n’es pas spécial et que tu as moins que les autres autour de toi, il est difficile d’être heureux. » [selon Luisa Corrado, Italienne, chercheuse en économie à l’Université de Cambridge, en Angleterre. Elle a publié au printemps 2007 une recherche sur le bonheur en Europe, où une fois de plus, le Danemark est arrivé gagnant].»
(La Presse, 7 oct. 2007, A3, s.a., « Le bonheur danois vu par… »).
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Moi, ce que j’en déduis en lisant le texte de Philippe et la réplique de monsieur Guérin, c’est que tout ce débat nous ramène à un seule chose : les valeurs.
Pour certains, l’accomplissement personnel passe par les biens matériels et la stature professionnelle, alors que pour d’autres, il passe par la réalisation de soi et par la réalisation de projets plus personnels.
Bref, nous vivons dans un monde imparfait car notre société est composée de personnes ayant des valeurs différentes.
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Les inégalités sont nécessaires disait Smith :
Si les pauvres et la classe moyenne obtenait plein d’argent, tout ce revenu partirai dans la consommation. Consommation qui n’est pas créatrice d’innovation de production et d’accumulation du capital.
Or, si les riches bénéficient d’une hausse de revenu dirons nous, ils pourront alors investir et non pas consommer. Seul l’innovation et l’accumulation du capital est utile à tous, notamment aux pauvres !
On voit donc que les dits « riches » peuvent innover et investir par rapport aux plus pauvres. Ainsi, je concoi moi même que certain gagnent plus que moi, moi qui dépense tout mon argent sans rien epargner je suis inutile pour la production et l’innovation, c’est bien triste.
Donc vive les riches qui investissent beaucoup !
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@Simon:
Très juste. C’est pourquoi le libéralisme semble favoriser les classes plus riches. Mais la raison est que la prospérité générale dépend d’eux.
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« Donc vive les riches qui investissent beaucoup ! »
Je comprends très bien cette notion qui est défendue ci-haut. Cependant, quelques questions demeurent:
- Qu’est-ce qui importe le plus? la croissance économique ou la croissance du bonheur? Si on répond la croissance du bonheur, de nombreux spécialistes de la question soutiennent que la croissance des revenus est une façon très inefficace d’obtenir cette croissance du bonheur chez ceux ayant déjà atteint un certain niveau de revenu (autour de 10 000 $ à 20 000 $ par année). (Pour plus d’information, je vous invite à lire mes commentaires # 85, 104 et 106 sous le billet du 31 octobre dernier sur le redistributionnisme sur le site Antagoniste.net.)
- Personne, ou presque, promeut une égalisation parfaite des revenus. L’immense majorité des « redistributionnistes » acceptent donc des écarts de richesses permettant aux plus riches de faire des investissements. C’est seulement que nous refusons que ces investissements se fassent au prix de l’abandon d’une partie de la population dans la misère. Le discours affirmant qu’on doit laisser des gens dans la misère afin de favoriser une croissance économique qui les sortira éventuellement de la misère me semble particulièrement fallacieux. Cela fait des centaines d’années que l’on connaît la croissance économique. Combien de centaines d’années encore les plus démunis devront-ils attendre afin que la croissance économique les rejoignent « naturellement » sans qu’il soit nécessaire d’effectuer des transferts à leur bénéfice?
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« Donc vive les riches qui investissent beaucoup ! »
Je crois bien comprendre le principe défendu ci-haut. Cependant, des questions demeurent:
- Qu’est-ce qui est le plus important? Une croissance des revenus ou une croissance du bonheur? Si on répond une croissance du bonheur, on doit savoir que les spécialistes de la matière en sont arrivés à un consensus à l’effet que la recherche d’une croissance des revenus est une façon très peu efficace d’augmenter le bonheur pour les personnes ayant déjà atteint un certain niveau de revenu (entre 10 000 et 20 000 $ par année). Pour de plus amples informations à cet effet, je vous invite à lire les commentaires # 85, 104 et 106 que j’ai affichés sous le billet du 31 octrobre dernier sur « le redistributionniste » du site Internet http://www.antagoniste.net.
- La grande majorité des redistributionnistes ne vont pas jusqu’à promouvoir une égalité complète des revenus, ce qui laisse de la place à une certaine concentration de richesse favorisant des investissement. Ce à quoi nous nous opposons, c’est le laisser les plus démunis dans la misère. Je trouve un peu révoltant ce discours laissant croire que si on laisse des gens dans la misère, c’est pour favoriser une croissance économique qui les sortira éventuellement de leur misère. Cela fait des centaines d’années qu’il y a croissance économique. Combien de centaines d’années encore les plus démunis devront-ils attendre pour que la croissance économique améliore « naturellement » leurs conditions de vie sans que cela nécessite que l’on effectue des transferts à leur intention?
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« Donc vive les riches qui investissent beaucoup ! »
Je crois bien comprendre le principe défendu ci-haut. Cependant, des questions demeurent:
- Qu’est-ce qui est le plus important? Une croissance des revenus ou une croissance du bonheur? Si on répond une croissance du bonheur, on doit savoir que les spécialistes du domaine en sont arrivés à un consensus à l’effet que la recherche d’une croissance des revenus est une façon très peu efficace d’augmenter le bonheur pour les personnes ayant déjà atteint un certain niveau de revenu (entre 10 000 et 20 000 $ par année). Pour de plus amples informations à cet effet, je vous invite à lire les commentaires # 85, 104 et 106 que j’ai affichés sous le billet du 31 octobre dernier sur « le redistributionniste » du site Internet http://www.antagoniste.net.
- La grande majorité des redistributionnistes ne vont pas jusqu’à promouvoir une égalité complète des revenus, ce qui laisse de la place à une certaine concentration de richesse favorisant des investissement. Ce à quoi nous nous opposons, c’est le laisser les plus démunis dans la misère. Je trouve un peu révoltant ce discours laissant croire que si on laisse des gens dans la misère, c’est pour favoriser une croissance économique qui les sortira éventuellement de leur misère. Cela fait des centaines d’années qu’il y a croissance économique. Combien de centaines d’années encore les plus démunis devront-ils attendre pour que la croissance économique améliore « naturellement » leurs conditions de vie sans que cela nécessite que l’on effectue des transferts à leur intention?
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