Sophisme Économiques: La guerre est bonne pour l’économie

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De nos jours, beaucoup de soi-disant experts véhiculent des mythes et sophismes économiques, souvent repris et répandus par les médias de masse. Ils font soudainement partie de la sagesse populaire. Après tout, n’avons-nous pas tous appris à l’école que la Grande Dépression a été réglée pas la Deuxième Guerre Mondiale? Il n’est donc pas surprenant de voir des économistes comme le nouveau lauréat du Prix Nobel, Paul Krugman, professer que la guerre aide l’économie:

Paul Krugman

Paul Krugman

The fact is that war is, in general, expansionary for the economy, at least in the short run. World War II, remember, ended the Great Depression. The $10 billion or so we’re spending each month in Iraq mainly goes to US-produced goods and services, which means that the war is actually supporting demand. Yes, there would be infinitely better ways to spend the money. But at a time when a shortfall of demand is the problem, the Iraq war nonetheless acts as a sort of WPA, supporting employment directly and indirectly.

Pourtant, ce mythe a été réfuté lontemps avant même la naissance de M. Krugman. Mais il semble que pendant ses études, M. Krugman a négligé de lire les ouvrages de Frédéric Bastiat (1801-1850).  Sinon, il n’écrirait sûrement pas de telles absurdités. Sans plus tarder, je vous livre la réfutation de Frédéric Bastiat qui s’intitule «La vitre cassée» et qui explique comment quelque chose qui est détruit est une perte à l’économie, même si la reconstruction crée des emplois pendant un certain temps.

Frédéric Bastiat (1801-1850)

Frédéric Bastiat (1801-1850)

La Vitre cassée

Avez-vous jamais été témoin de la fureur du bon bourgeois Jacques Bonhomme, quand son fils terrible est parvenu à casser un carreau de vitre? Si vous avez assisté à ce spectacle, à coup sûr vous aurez aussi constaté que tous les assistants, fussent-ils trente, semblent s’être donné le mot pour offrir au propriétaire infortuné cette consolation uniforme: « À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l’industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitres? »

Or, il y a dans cette formule de condoléance toute une théorie, qu’il est bon de surprendre flagrante delicto, dans ce cas très-simple, attendu que c’est exactement la même que celle qui, par malheur, régit la plupart de nos institutions économiques.

À supposer qu’il faille dépenser six francs pour réparer le dommage, si l’on veut dire que l’accident fait arriver six francs à l’industrie vitrière, qu’il encourage dans la mesure de six francs la susdite industrie, je l’accorde, je ne conteste en aucune façon, on raisonne juste. Le vitrier va venir, il fera besogne, touchera six francs, se frottera les mains et bénira de son cœur l’enfant terrible. C’est ce qu’on voit.

Mais si, par voie de déduction, on arrive à conclure, comme on le fait trop souvent, qu’il est bon qu’on casse les vitres, que cela fait circuler l’argent, qu’il en résulte un encouragement pour l’industrie en général, je suis obligé de m’écrier: halte-là! Votre théorie s’arrête à ce qu’on voit, ne tient pas compte de ce qu’on ne voit pas.

On ne voit pas que, puisque notre bourgeois a dépensé six francs à une chose, il ne pourra plus les dépenser à une autre. On ne voit pas que s’il n’eût pas eu de vitre à remplacer, il eût remplacé, par exemple, ses souliers éculés ou mis un livre de plus dans sa bibliothèque. Bref, il aurait fait de ces six francs un emploi quelconque qu’il ne fera pas.

Faisons donc le compte de l’industrie en général.

La vitre étant cassée, l’industrie vitrière est encouragée dans la mesure de six francs; c’est ce qu’on voit. Si la vitre n’eût pas été cassée, l’industrie cordonnière (ou toute autre) eût été encouragée dans la mesure de six francs; c’est ce qu’on ne voit pas.

Et si l’on prenait en considération ce qu’on ne voit pas parce que c’est un fait négatif, aussi bien que ce que l’on voit, parce que c’est un fait positif, on comprendrait qu’il n’y a aucun intérêt pour l’industrie en général, ou pour l’ensemble du travail national, à ce que des vitres se cassent ou ne se cassent pas.

Faisons maintenant le compte de Jacques Bonhomme.

Dans la première hypothèse, celle de la vitre cassée, il dépense six francs, et a, ni plus ni moins que devant, la jouissance d’une vitre. Dans la seconde, celle où l’accident ne fût pas arrivé, il aurait dépensé six francs en chaussure et aurait eu tout à la fois la jouissance d’une paire de souliers et celle d’une vitre.

Or, comme Jacques Bonhomme fait partie de la société, il faut conclure de là que, considérée dans son ensemble, et toute balance faite de ses travaux et de ses jouissances, elle a perdu la valeur de la vitre cassée.

Par où, en généralisant, nous arrivons à cette conclusion inattendue: « la société perd la valeur des objets inutilement détruits, » — et à cet aphorisme qui fera dresser les cheveux sur la tête des protectionnistes: « Casser, briser, dissiper, ce n’est pas encourager le travail national, » ou plus brièvement: « destruction n’est pas profit. »

Que direz-vous, Moniteur industriel, que direz-vous, adeptes de ce bon M. de Saint-Chamans, qui a calculé avec tant de précision ce que l’industrie gagnerait à l’incendie de Paris, à raison des maisons qu’il faudrait reconstruire?

Je suis fâché de déranger ses ingénieux calculs, d’autant qu’il en a fait passer l’esprit dans notre législation. Mais je le prie de les recommencer, en faisant entrer en ligne de compte ce qu’on ne voit pas à côté de ce qu’on voit.

Il faut que le lecteur s’attache à bien constater qu’il n’y a pas seulement deux personnages, mais trois dans le petit drame que j’ai soumis à son attention. L’un, Jacques Bonhomme, représente le Consommateur, réduit par la destruction à une jouissance au lieu de deux. L’autre, sous la figure du Vitrier, nous montre le Producteur dont l’accident encourage l’industrie. Le troisième est le Cordonnier (ou tout autre industriel) dont le travail est découragé d’autant par la même cause. C’est ce troisième personnage qu’on tient toujours dans l’ombre et qui, personnifiant ce qu’on ne voit pas, est un élément nécessaire du problème. C’est lui qui bientôt nous enseignera qu’il n’est pas moins absurde de voir un profit dans une restriction, laquelle n’est après tout qu’une destruction partielle. — Aussi, allez au fond de tous les arguments qu’on fait valoir en sa faveur, vous n’y trouverez que la paraphrase de ce dicton vulgaire: « Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitres? »

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

12 Réponses à “Sophisme Économiques: La guerre est bonne pour l’économie”

  1. Ah la vitre cassée… Krugman est vraiment descendu au fond avec un article du genre. Pourtant, comme on l’a mentionné sur le QL, c’est probablement parce qu’il veut être plus populiste, c’est loin d’être un imbécile puisqu’il a écrit beaucoup d’articles qui se tiennent… il y a longtemps..

    Pour Bastiat, tu étais au souper-rencontre sur F. Bastiat? Je ne me souviens pas de t’avoir rencontré, c’était très intéressant d’en apprendre plus. Ce qui me fais rire, c’est que les principes économiques qu’il présentait sont autant d’actualité aujourd’hui mais… il faut encore les prouver… whatever. Si tu n’étais pas au souper-rencontre, viens la prochaine fois, ton argumentation est très solide, peu importe où je te lis.

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  2. @Kevin:

    Merci et Bienvenue.

    Oui, effectivement, Krugman est un paradoxe. J’ai lu de ses chroniques qui se tiennent, mais des chroniques comme celle-là me font tomber les bras, et pourtant je n’ai pas d’éducation formelle en économie.

    Je n’ai jamais participé aux soupers-rencontre. Je ne sais pas où ils se tiennent. Si c’est dans la région de Montréal, je pourrais y participer un jour, ça semble intéressant.

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  3. Personnellement, je trouve ce texte de Bastiat un peu trop simpliste et teinté un peu de sophisme, car il utilise une logique détournée pour tenter d’expliquer un phénomène complexe.

    Les guerres ne sont pas livrés par des entreprises privées, mais bien par des gouvernements ayant accès à des capitaux virtuellement illimités (surtout les Américains, le seul pays qui peut faire fluctuer sa dette extérieure en faisant fluctuer sa propre monaie).  De plus, à ce que je sache, la guerre ne se livre plus à coups de pierres depuis plusieurs siècles, mais bien avec des armes qui coûtent de plus en plus cher.  Il faut donc considérer qu’il n’y a pas que la vitre de brisée : il y a aussi remplacer la munition qui a servi à la détruire, il faut payer le soldat qui manipule l’arme, celui-ci doit être vêtu, nourri, loger, etc. Et toute l’analyse de Bastiat repose sur une perspective du vaincu (celui qui doit reconstruire), et non de celui qui fait la destruction (celui qui attaque).

    Bref, l’économie est une roue qui tourne, et la guerre sert à faire tourner cette roue.  Dans ce texte, Bastiat fait plus de la philosophie sophiste qu’une réelle analyse des impacts d’une guerre sur une économie.

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  4. @Daz Hoo:

    Bastiat explique un problème complexe et le met en termes simples. C’est ce qu’un bon professeur doit faire. Ce qu’il explique ici est que la guerre est une perte nette pour toute l’économie. Dans une guerre, les deux cotés subissent des pertes qu’ils n’auraient pas subies s’ils n’étaient pas en guerre, pas juste le côté perdant. Pense à Londres pendant le Blitz. L’Empire Britannique est sorti très diminué de la Seconde Guerre Mondiale, pourtant il était du coté des vainqueurs. Si c’était vrai que la guerre est un moteur économique, nous n’aurions qu’à bâtir d’énormes flottes automatisées et organiser des batailles navales avec le pays de notre choix à chaque année. On aurait tous les bénéfices économiques sans les pertes de vies. Bastiat ne fait pas de sophisme, il en déboulonne un. Cet économiste voyait plus loin du XIXe siècle que ceux du XXIe siècle.

    Les guerres ne sont pas livrés par des entreprises privées, mais bien par des gouvernements ayant accès à des capitaux virtuellement illimités (surtout les Américains, le seul pays qui peut faire fluctuer sa dette extérieure en faisant fluctuer sa propre monaie).

    Un autre sophisme. Les gouvernements n’ont pas des ressources illimitées. L’argent qu’ils ont, ils l’obtiennent par la taxation, l’emprunt, ou par la création de nouvel argent. Les désavantages des deux premiers sont évidents, celui du troisième est l’érosion du pouvoir d’achat. Plus un gouvernement crée du nouvel argent et moins il vaut. La guerre est un énorme fardeau pour les contribuables. La plupart des pays impliqués dans les deux guerres mondiales en sont sortis énormément endettés. Dette qui a dû être remboursée par les générations futures.

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  5. Sauf que les guerres, bien qu’elles détruisent, créent des besoins, qui eux créent des emplois, qui créent d’autres besoins… Le capitalisme fonctionne par la consommation de biens, et c’est ce qui crée de la richesse.  Si la consommation stagne, la roue économique ralentit.  L’économie de guerre active la consommation, ce qui enclenche la roue de nouveau.

    Il y a de ces choses qui ne faut pas trop simplifier, car on en perd alors la vision globale.

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  6. @Daz Hoo:

    Ce que Bastiat explique, c’est que l’argent dépensé pour la guerre ou pour réparer le carreau de fenêtre, serait dépensé pour autre chose de toute façon, mais si ce n’était pas de la destruction, nous aurions également la jouissance des biens qui auraient été détruits. Ce que la guerre détruit est perdu au reste de l’économie. Comme la vitre cassée ne profite qu’au vitrier, la guerre ne profite qu’aux marchands d’armes au détriment d’autres secteurs de l’économie. On ne crée pas de richesse en détruisant des biens.

    Le capitalisme fonctionne par la consommation de biens, et c’est ce qui crée de la richesse.

    Faux. Le capitalisme fonctionne par la production de biens selon la demande. Il ne carbure pas sur la consommation artificielle à crédit. Quand on a une carte de crédit avec une limite de crédit pleine, on ne devient pas plus riche en obtenant une seconde carte. La véritable richesse est la valeur des biens produits plus l’épargne. L’idée que c’est la consommation qui crée la richesse est probablement le plus grand sophisme de tous. Et soi-dit-en-passant, c’est ce qui est à la source de la crise financière actuelle.

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  7. Ah Bastiat et le verre brise; la fable la moins bien comprise par beaucoup de libertarien amateurs… Bastiat parle de cout d’opportunite, pas du fait que la destruction soit toujours mauvaise… ce qui serait completement ridicule de pretendre.

    Malheureusement, l’auteur de ce blogue comprend mal les concepts qu’il enonce… 

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  8. @LeFred:

    Je vous cite ce petit extrait:

    Par où, en généralisant, nous arrivons à cette conclusion inattendue: « la société perd la valeur des objets inutilement détruits, » — et à cet aphorisme qui fera dresser les cheveux sur la tête des protectionnistes: « Casser, briser, dissiper, ce n’est pas encourager le travail national, » ou plus brièvement: « destruction n’est pas profit. »

    Dites-moi donc alors comment Bastiat parle de coût d’opportunité et non des méfaits économiques de la destruction? D’ailleurs si c’était faux, pourquoi pas faire bruler Montréal et la reconstruire pour éviter la récession? Absurde? Autant que de dire que la guerre est « bonne pour l’économie ».

    Cessez d’insulter mon intelligence.

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  9. C’est parce que tu lis sans comprendre.

    Affirmes-tu que les entreprenneurs qui achetent des proprietees, qui les detruisent pour reconstruire auraient du plutot construire par dessus?

    L’idee du cout d’opportunite est que ce « qu’on ne voit pas » est que le profit economique associe a la destruction est la pluspart du temps moins grand que celui qui aurait ete genere si cet argent avait ete investi ailleurs. Ca ne s’applique pas qu’a la destruction mais a tout investissement. CA N’A RIEN AVOIR AVEC LA DESTRUCTION PHYSIQUE qui n’est utilisee qu’en exemple extreme.

    C’est exactement ce que Bastiat decrit. Rien d’autre…

    Mais, si tu desires continuer de tout voir en noir et blanc, c’est ton choix.
    Et pourquoi pas, fonder la premiere societe libertarienne a jamais avoir existe!

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  10. @LeFred:

    Affirmes-tu que les entreprenneurs qui achetent des proprietees, qui les detruisent pour reconstruire auraient du plutot construire par dessus?

    Bastiat parle d’objets inutilement détruits comme le carreau de fenêtre, ou la destruction encourue dans une guerre ou un désastre. Il ne parle pas de destruction créatrice, comme dans votre exemple. C’est vous qui interprétez mal ses propos.

    L’idee du cout d’opportunite est que ce “qu’on ne voit pas” est que le profit economique associe a la destruction est la pluspart du temps moins grand que celui qui aurait ete genere si cet argent avait ete investi ailleurs. Ca ne s’applique pas qu’a la destruction mais a tout investissement.

    Ce que Bastiat explique est que la destruction inutile de biens n’apporte pas un profit, mais une perte nette. Et on ne voit que les gains du vitrier sans voir la perte du cordonnier, ni celle de Jacques Bonhomme qui aurait pu avoir la jouissance de son carreau de vitre et d’une nouvelle paire de chaussure. Ce n’est pas moi qui lis mal, mais plutôt vous qui extrapolez. Bastiat ne fait aucunement référence au concept de destruction créatrice ici. Dans le contexte de mon billet son texte illustre très bien que c’est un sophisme de considérer une guerre ou un désastre comme des créateurs de richesse.

    Et pourquoi pas, fonder la premiere societe libertarienne a jamais avoir existe!

    Un jour peut-être… pourquoi pas?

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  11. Je te suggeres quelques cours d’economie plutot que de boire les parole de Martin Masse et de Nathalie Elgrably, qui ne sont ni l’un ni l’autre economistes (Elgrably a une formation de MBA).

    http://en.wikipedia.org/wiki/Parable_of_the_broken_window

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  12. @LeFred:

    Merci, mais justement, je ne me limite pas à Martin Masse et Nathalie Elgrably…

    Merci aussi pour le lien qui vient justement prouver mon point:

    War

    Some claim that war is a benefactor, since historically it often has focused the use of resources and triggered advances in technology and other areas. The increased production and employment associated with war often leads some to claim that « war is good for the economy. » Others claim that this is an example of the broken window fallacy. The money spent on the war effort, for example, is money that cannot be spent on food, clothing, health care, consumer electronics or other areas. The stimulus felt in one sector of the economy comes at a direct—but hidden—cost to other sectors.

    More importantly, war destroys property and lives. The economic stimulus to the defense sector is offset not only by immediate opportunity costs, but also by the costs of the damage and devastation of war. This forms the basis of a second application of the broken window fallacy: rebuilding what war destroys stimulates the economy, particularly the construction sector. However, immense resources are spent merely to restore pre-war conditions. After a war, there is only a rebuilt city. Without a war, there are opportunities for the same resources to be applied to more fruitful purposes. Instead of rebuilding a destroyed city, the resources could have been used to build a second city or add improvements.

    An example of the costs of war is the many projects postponed or not started until after the end of World War II in the United States. The pent-up demand for roads, bridges, houses, cars, and even radios led to massive inflation in the late 1940s. The war delayed the commercial introduction of television, among other things, and the resources sent overseas to rebuild the rest of the world after the war were not available to directly benefit the American people.

    Special interests and government

    Bastiat, Hazlitt, and others equated the glazier with special interests, and the little boy with government. Special interests request money from the government (in the form of subsidies, grants, etc.), and the government then forces the taxpayer to provide the funds. The recipients certainly do benefit, so the government action is often regarded by the people as benefitting everyone. But the people are failing to consider the hidden costs: the taxpayers are now poorer by exactly that much money. The food, clothing or other items they might have purchased with that money will now not be purchased—but since there is no way to count « non-purchases, » this is a hidden cost, sometimes called opportunity cost. Bastiat referred to this in his essay as « what is not seen ». Because the costs are hidden, there is an illusion that the benefits cost nothing. Hazlitt summarized the principle by saying, « Everything we get, outside the free gifts of nature, must in some way be paid for. » Robert A. Heinlein popularized a summarization/acronym of the concept called « TANSTAAFL » (There Ain’t No Such Thing As A Free Lunch).

    Common examples of special interest groups practicing the broken window fallacy might be:

    * Arguments for public works projects as a way to reduce unemployment
    * Arguments for increasing the number of government employees, in order to provide employment
    * Arguments for protectionist measures such as tariffs, subsidies and/or other regulations in order to protect local industries
    * Theaters, etc. supporting arts subsidies, in order to provide employment for artists and on the grounds that while people go to the theater or to a concert they also go to restaurants etc. and stimulate the economy

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