L’anesthésique Keynésien

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John Maynard Keynes

John Maynard Keynes

S’il y a une chose en économie qui, je l’espère sera réfuté un jour une fois pour toutes, mais qui continue à persister malgré tous leurs échecs, ce sont les théories de John Maynard Keynes. Grosso modo, ce sont les théories de cet économiste britannique qui sont utilisées pour justifier partiquement toutes les interventions étatiques sur l’économie. Par exemple, la plupart des interventions du gouvernement américain pendant la Grande Dépression des années 30 ont étés inspirées de ces théories. Et puisqu’on compare souvent la crise actuelle à celle de 1929, voyons ce que ça a donné…

Ces leçons qu’on refuse de tirer de la Grande Dépression.

Si on se donne la peine d’interroger un bon nombre d’économistes ou de lire leurs écrits, ils vous décriront probablement les actions prises par Hoover et Roosevelt comme une comédie d’erreurs coûteuses qui, au lieu de résoudre la crise, l’ont prolongé. Il aura fallu la mort de Roosevelt et la fin de la 2e Guerre Mondiale, pour redonner aux investisseurs assez confiance pour qu’ils se remettent à injecter du capital dans l’économie. La preuve la plus retentissante que ces interventions n’ont rien donné est que lorsque les É-U sont entrés en guerre, 12 ans après le début de la dépression, le taux de chômage dépassait encore les 17%. Voici quelques exemples de ces interventions:

  1. Smoot-Hawley Act (Hoover) : Cette loi augmenta les tarifs douaniers sur toute une panoplie de produits, par exemple, le taux moyen augmenta de 20% à 34% sur les produits agricoles; de 36% à 47% sur les vins, spiritueux et boissons; de 50% à 60% sur la laine et sur les articles laineux manufacturés. En tout, 887 tarifs furent soudainement augmentés et la loi allongeait la liste de marchandises taxables à 3218 articles. Le pire est que beaucoup de ces articles étaient taxés à taux fixe, plutôt qu’un pourcentage du prix. Alors que les prix déboulaient, le taux effectif des tarifs doublait. Cette loi, la plus protectionniste de l’histore des États-Unis a eu pour effet de fermer les frontières aux producteurs étrangers, qui ont naturellement réciproqué. Le secteur agricole a perdu un tiers de son marché. D’autre industries qui dépendaient de matériaux et pièces étrangères commme l’industrie de la peinture, des textiles et de l’automobile ont dû envoyer des milliers d’employés au chômage. (Et on accusait Hoover d’être un partisant du laisser-faire, ça ne vous rappelle pas quelqu’un d’autre?)
  2. Hoover s’allie aux syndicats pour faire pression sur l’industrie pour garder les salaires artificiellement élevés: Alors qu’en même temps, la FED poursuivait une politique déflationniste qui faisait chuter les prix en spirale, Hoover empêche l’industrie de rajuster les salaires en conséquent, donnant aux ouvriers une augmentation réelle de revenu. Résultat: afin de diminuer leurs coûts, les industries durent envoyer encore plus d’employés au chômage. De 8,9% en 1930, le taux de chômage atteignait un taux historique de 25% en 1933.
  3. Revenue Act de 1932 (Hoover): Le Revenue Act de 1932 a fait doubler les impôts dans toutes les tranches de revenu et l’augmentation fait passer le taux d’imposition de 24% à 63% pour les tranches supérieures. Je crois que n’importe quel étudiant d’économie 101 pourrait vous dire quel effet ces mesures ont eu sur l’investissement alors que l’économie en avait le plus besoin.

Le New Deal = Bad Deal

  1. Mesures fiscales et monétaires de Roosevelt: Comme si Hoover n’en avait pas assez fait dans ce domaine pour plonger l’économie dans des bas-fonds historiques, Roosevelt en a rajouté. Il confisque l’or des particuliers et abolit l’étalon-or, ce qui lui permet de gonfler la masse monétaire à volonté. Le dollar est dévalué de 40%. Pendant ce temps il augmente les dépenses du gouvernement de 83% et la dette fédérale de 73%. Sous sa gouverne, le taux d’imposition pour les tranches supérieures grimpent à 90% et même jusqu’à 100% pendant un brève période. Avec des impôts aussi punitifs, est-il surprenant qu’il n’y ait pas de reprise. Roosevelt a tout fait pour aliéner ceux-là même sur lesquels l’économie comptait pour avoir du nouveau capital.
  2. L’Agricultural Adjustment Act: Afin de venir en aide aux fermiers, Roosevelt impose une taxe sur les transformateurs agricoles et utilise l’argent pour payer les fermiers pour détruire leurs récoltes et leur bétail. Les récoltes sont piétinées et les bêtes sont abattues et enterrées dans des charniers pour faire grimper les prix aux dépens des consommateurs, qui ont déjà à peine de quoi se nourrir.
  3. La National Recovery Administration (NRA): Cette agence gouvernementale, créée par le National Industrial Recovery Act, était chargée d’enforcer jusqu’à 500 codes de règlementation. Ces règlements touchaient à tout ce qui a trait à la production industrielle, allant jusqu’à fixer les prix, les conditions de vente, les salaires et le nombre d’heures que les employées devraient travailler. Une idée des effets? Avant l’adoption de la loi en 1935, l’économie donnait des signes de reprise. Le nombre d’emplois dans les usines avait augmenté de 23% et la masse salariale de 35%. Six mois après l’adoption de la la loi, la production industrielle avait chuté de 25%. Finalement, la loi fût déclarée inconstitutionnelle par la Cour Suprême.
  4. La Civil Work Administration (CWA) et la Work Progress AdmInistration (WPA): Ces deux agences furent une tentative de l’administration Roosevelt de créer de l’emploi par les travaux publics. Sous leur égide, des milliers d’ouvriers furent embauchés par le gouvernement  pour construire des ponts et des bâtiments, ainsi que des choses aussi farfelues que de cataloguer des façons d’apprêter des épinards. À première vue ça pouvait sembler une bonne chose, jusqu’à ce qu’on se rappelle que les salaires de ces gens étaient payés par les impôts exorbitants qui étouffaient l’économie. En fin de compte, ce que ces programmes ont donné c’était de priver les secteurs productifs de l’économie de main d’oeuvre et de transférer de l’argent qui aurait pu être investi dans la production vers des oeuvres non-productives.

Alors, pourquoi Roosevelt a-t-il été encensé par le public et les historiens? Parce qu’il était charismatique et que par ces actes, il donnait l’impression d’être en contrôle, même si ce qu’il faisait n’a réussi qu’à embourber l’économie encore plus.  Il a fallu sa mort et la fin de la guerre pour que le monde des affaires reprenne confiance et recommence à investir. Ça aura pris 25 ans pour que l’indice Dow Jones remonte au niveau qu’il était avant le krach de 1929. L’attrait de l’économie keynésienne est qu’elle donne aux politiciens plus de pouvoir et qu’elle sécurise la populace ignorante. Les solutions keynésiennes appliquées par nos politiciens populistes sont en réalité comme un anesthésique. Ça endort le patient et calme sa douleur, mais ça ne fait absolument rien pour le problème sous-jacent, et ça fait encore plus mal lorsqu’on se réveille. Ce qui est effrayant, c’est que lorsqu’on écoute George Bush, John McCain ou Barack Obama parler de la crise, on se rend compte qu’ils n’ont rien appris de l’histoire.

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LA GRANDE DÉPRESSION DÉMYSTIFIÉE

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

4 Réponses à “L’anesthésique Keynésien”

  1. Billet fort intéressant.  J’aime beaucoup l’histoire, et comme je ne connaissais pas grand-chose de l’époque de la Dépression, me voilà un peu plus savant aujourd’hui.

    Maintenant, est-ce qu’on peut tracer un parallèle entre la Dépression et ce qui se passe maintenant, je n’en suis pas si sûr, puisque les circonstances et les systèmes économiques sont différents.  Mais bon, l’histoire nous le dira…

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  2. @Daz Hoo:

    Pour l’instant, le parallèle réside dans le fait que les deux crises ont été causées par les politiques inflationnistes de la FED, mais blâmées sur le libre-marché. Et dans les deux cas, on croit résoudre le problème par des intervention massives de l’État, plutôt que de laisser le marché se rééquilibrer. Dans la grande dépression, cette approche a été un échec retentissant, et il semble que nous n’avons rien appris.

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  3. Mais alors, comment expliquer les Trente Glorieuses, qui ne furent pourtant pas gouvernées par le libre-marché et les principes minarchistes? La reconstruction peut toujours en expliquer de cinq à dix ans, mais le reste…?

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  4. @Alexis St-Gelais:

    Je ne suis pas certain à quoi tu fais référence, mais as-tu déjà entendu parler de la Panique de 1819? Non? Pourtant, elle était très similaire à celle de 1929, ou celle que nous avons aujourd’hui. La différence est que Lord Keynes n’était pas là pour foutre la merde. Le Président Monroe a donc appliqué le « laisser-faire » et la dépression n’a duré que 3 ans.

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