Une excellente analogie

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Dans ce billet que j’ai trouvé sur le Blogue du QL, Germain Belzile utilise une excellente approche pour amorcer une discussion avec ses étudiants sur la redistribution de la richesse:

Voici comment j’approche le problème: en début de séance de cours, je propose à ma classe que l’on procède à une redistribution des points accumulés par chacun au cours du trimestre. Ainsi, ceux qui auront performé bien mieux que la médiane céderont des points à leurs collègues «moins fortunés». La moyenne ne changera pas, mais les notes n’iront plus de E à A+. Les meilleurs ne pourront plus espérer qu’un B+ et les plus faibles obtiendront un C-.

Assez rapidement, la pagaille s’installe! La plus grande part des étudiants sont en pétard face à ce qu’ils voient comme une injustice. Parmi leurs objections, notons:

-«Je travaille fort. Ce sont mes notes. Pourquoi devrais-je en céder à ceux qui travaillent moins?»

-«On encourage ainsi le resquillage, c’est-à-dire que certains travailleront moins fort et se contenteront d’un C-, aux dépens des autres.»

-«La moyenne diminuera, car tous feront face à des incitations moins fortes pour réussir.»

Et ils réalisent très vite que c’est ce qui se produit avec le système de redistribution des revenus. Les taxes ne sont pas neutres. Nous sommes collectivement plus pauvres lorsque l’État s’ingère dans nos vies en taxant ceux qui travaillent fort.

L’analogie est très pertinente. Vous seriez-vous révoltés si, lorsque vous étiez aux études, on avait établi un tel système de redistribution des notes? Auriez-vous étudié plus ou moins? Soyez honnêtes!

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

7 Réponses à “Une excellente analogie”

  1. Évidemment que je me serais moins forcé, surtout dans certaines matières. Et c’est pour cette raison que le Québec doit importer de la main d’oeuvre agricole du Mexique à chaque été.

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  2. Peut-être pas une si bonne analogie que cela… Poussons la logique: appliquons ce système de redistribution de point à tout le système d’éducation. Que se produit-il? Puisque plus personne n’a E, les C- deviennent psychologiquement puis finalement réellement synonymes d’échec, alors que les B+ remplaceront les A+. Les écarts seront certes moins grands en termes de valeur, mais la perception des étudiants se corrigera et réévaluera à la hausse la valeur réelle des écarts faibles entre les scores. Le fossé se creusera donc entre une note de B+ et de B qu’il ne l’aurait été dans le système de E à A.

    Les étudiants de cette simulation se laissent donc guider par leurs émotions. En réfléchissant froidement, on peut conclure que la situation n’est pas la même en matière de redistribution de la richesse. D’autant plus que l’on ne peut jamais avoir de trop bonnes notes, alors qu’on peut très bien avoir trop d’argent…

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  3. @ Alexis

    Que se produit-il? Puisque plus personne n’a E, les C- deviennent psychologiquement puis finalement réellement synonymes d’échec, alors que les B+ remplaceront les A+. Les écarts seront certes moins grands en termes de valeur, mais la perception des étudiants se corrigera et réévaluera à la hausse la valeur réelle des écarts faibles entre les scores. Le fossé se creusera donc entre une note de B+ et de B qu’il ne l’aurait été dans le système de E à A.

    Je vois que tu n’as pas tout à fait saisi. Pour que l’étudiant plus faible puisse avoir son C-, il faut que d’autres travaillent pour avoir un A ou un A+, mais s’ils ne peuvent pas avoir le A, qui voudra travailler plus fort pour que ça bénéficie à ceux qui travaillent moins. En plus, si l’étudiant plus faible sait qu’il obtiendra des points supplémentaires, lui aussi aura moins tendance à travailler et laisser les autres travailler à sa place. Le résultat est que la moyenne commence à baisser et ta note maximale devient C+ et la note minimale devient D-. Il en est de même avec l’impôt progressif. Il décourage le travail et l’épargne et il encourage l’endettement et la surconsommation.

    D’autant plus que l’on ne peut jamais avoir de trop bonnes notes, alors qu’on peut très bien avoir trop d’argent…

    Sauf pour quelques exceptions notables, peu au Québec peuvent être considérés comme faisant trop d’argent. Être riche au Québec signifie de faire $80 000/an.

    @ Gilles Laplante: exactement le point de ce billet.

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  4. Cela reste votre opinion. Si j’étais personnellement placé dans cette classe, je continuerais à travailler normalement pour obtenir mon A+, par la suite converti en B+. Cela ne serait pas grave, puisque personne n’atteindrait cette note… Je reste donc premier de classe et dans les faits, j’ai quand même tout aussi bien assimilé la matière, puisque de toute manière l’éducation n’est pas là pour la note mais pour les connaissances.

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  5. Alexis, tu dois être un étudiant exceptionnel. Tu peux peut-être croire que c’est une question d’opinion, mais très peu d’étudiants accepteraient de travailler plus fort pour que les autres dans leur classe aient une meilleure note.

    Lorsqu’ensuite tu postule pour ton permier emploi, la note derrière ton diplôme risque d’être toute aussi importante que le diplôme lui-même. Quelqu’un qui provient d’une autre école où il n’y a pas de répartition des notes, (comme d’une autre province, par exemple)auraient un sérieux avantage sur toi.

    Mais le parallèle demeure: Le Québec est la province la plus progressiste de l’Amérique du Nord et c’est aussi la moins productive, car plus qu’ailleurs, notre régime fiscal décourage le travail. À quoi bon travailler plus quand la moitié de ce revenu supplémentaire s’évapore en impôt?

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  6. J’ai de la difficulté à comprendre les gens qui n’aiment pas l’impôt. C’est peut-être encore une fois que sur ce point, je suis un être très marginal, mais j’aimerais payer de l’impôt (je ne gagne pas assez pour l’instant). J’ai le sentiment qu’il s’agira là d’une façon pour moi de contribuer à la bonne marche de notre société, que c’est la pierre que je pose dans l’ouvrage collectif. Cela sonne peut-être un peu de gauche, sans doute bien naïf, me dira-t-on. C’est tout de même mon humble sentiment, bien que je sois conscient que peu de gens le partagent.

    Pour ce qui est de l’analogie, je maintiens que l’on ne peut comparer l’acquisition de connaissance avec des biens matériels ou des ressources pécunières. Le faire constitue un précédent pour le moins dangereux, dans une société où trop d’énergie se consacre uniquement à l’avoir.

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  7. @ Alexis,

    J’avoue qu’au contraire, j’ai de la difficulté à comprendre ceux qui aiment les impôts. Peut-être que c’est attribuable à ta jeunesse, car lorsque tu verras vraiment les montants amputés de ton chèque de paye, tu changeras peut-être d’idée, en particulier lorsque tu découvriras comment cet argent est géré.

    Au mieux, si on en avait pour notre argent, on pourrait le considérer comme un mal nécessaire. Au pire c’est une violation de nos droits.

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