Une pétition pleine de bon sens…

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Un groupe d’universitaires ont démarré une pétition contre l’intolérance engendrée par la controverse des accommodements et la commission Bouchard Taylor, Puisque j’appuie leur démarche, je reproduis leur lettre ici:

LETTRE OUVERTE DES QUÉBÉCOIS DITS « DE SOUCHE » CONTRE L’INTOLÉRANCE

Chers concitoyens,

1. Nous sommes préoccupés par le fait que certains témoignages présentés devant la Commission Taylor-Bouchard, témoignages intolérants et agressifs envers les minorités culturelles, puissent être interprétés comme reflétant l’opinion de la majorité des Québécois dits « de souche ». Nous croyons plutôt que ces témoignages, qui caricaturent les pratiques d’autres cultures, révèlent une profonde ignorance de la réalité des personnes issues des communautés culturelles. Qui plus est, cette ignorance nourrit une fermeture à l’égard des liens qu’il est possible de tisser entre Québécois, de souche ou non. Nous désirons signaler notre ouverture aux communautés culturelles et nous dissocier fermement de ces témoignages, en insistant sur le fait que leur présentation sur une tribune publique n’implique pas qu’ils représentent l’état d’esprit de la majorité des Québécois dits « de souche ». Nous notons d’ailleurs que l’emploi de l’expression « Québécois de souche » est en soi problématique puisqu’elle connote l’idée d’au moins deux types de Québécois. Nous ne l’utilisons donc ici que parce que le débat actuel s’y réfère constamment.

2. Nous ne nous reconnaissons pas dans la définition de l’« identité québécoise » que certains intellectuels et chroniqueurs veulent accoler au peuple québécois. Dans certains journaux et tribunes téléphoniques, on fait souvent référence au « peuple » Québécois en le distinguant de ses immigrants et de ses communautés culturelles, afin d’enjoindre les membres de ces communautés à se conformer à des caractéristiques identitaires « de souche ». Mais nous ne désirons pas nous réfugier dans cette idée uniforme de la nation québécoise; bien qu’étant Québécois dits « de souche », nous affirmons avec force ne pas nous reconnaître dans cet usage du concept de « peuple » monolithique et apeuré par les différences. Qui plus est, nous nous permettons de douter que tous les Québécois dits « de souche » se conforment au type d’identité auquel on fait parfois référence sur ces tribunes.

3. Quant au projet de loi sur l’identité amené par le Parti Québécois, un de ses aspects nous apparaît particulièrement problématique: l’idée qu’il faille faire passer des tests de français aux immigrants et que ces tests deviennent des conditions à la participation à la vie civique tend à laisser penser que la majorité des immigrants ne sont pas intéressés à apprendre le français et qu’ils préféreraient vivre en vase clos, isolés du reste de la communauté. D’une part, le fait que ce projet de loi, incluant une telle disposition, ait été mis de l’avant dans le contexte sensible de la commission sur les accommodements raisonnables nous semble mal avisé. D’autre part, nous nous prononçons fermement contre cette tentative d’assujettir la citoyenneté à des critères discriminatoires qui pourraient légitimer, particulièrement dans le contexte de la commission, une vision déformée de la réalité des communautés culturelles au Québec.

4. Nous sommes choqués par le processus de marginalisation des communautés culturelles qui a cours présentement à la faveur du débat sur les accommodements raisonnables. Le fait que nous soyons des Québécois dits « de souche » ne nous empêche pas de nous mettre à la place des individus de ces communautés: la stigmatisation dont ils sont présentement victimes, à cause de certains incidents isolés et montés en épingle par certains médias et politiciens voulant vendre, qui un journal, qui un vote, nous attriste et nous indigne au plus haut point.

5. Nous en appelons au sens du devoir des leaders politiques afin qu’ils réalisent que l’avantage politique à court terme procuré par cette tentation d’intolérance peut entraîner, pour la société québécoise, des reculs beaucoup plus graves à plus long terme.

NOTE : Lors de la circulation de cette lettre ouverte, le caractère ambigu de l’expression « de souche » s’est manifesté. Pouvait-on signer si on n’était « de souche » qu’à moitié? Ou alors, notre famille devait être au Québec depuis combien de générations? Ces questionnements nous paraissent renforcer le sens de cette lettre ouverte : l’expression « de souche » ne saurait renvoyer à un groupe d’individus bien identifiables dont l’identité serait monolithique. C’est donc avec plaisir que cette lettre inclut la signature de tous ceux qu’elle a interpellés, quel que soit le type de laine avec lequel leur chandail est tricoté.

Si, comme moi vous désirez signer la pétition, vous pouvez le faire ici. Ou vous pouvez consulter la liste des signataires ici.

NDLR: Pour une raison que j’ignore mon billet original s’est effacé. Je l’Ai reproduit de mémoire le plus fidèlement possible.

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A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

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