Gauche vs Droite

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (1 votes, average: 2,00 out of 5)
Loading ... Loading ...

Quelqu’un m’a demandé récemment c’est quoi vraiment la gauche et la droite. Pas en terme d’orientation directionnelle, mais en terme d’orientation socio-politique et économique. Étant donné que cette personne est parfaitement capable de faire les recherches par elle-même, je soupçonne qu’il m’a posé la question dans le but de savoir c’était quoi ma définition de la dichotomie gauche/droite. Tout d’abord je me dois de définir certains termes qui représentent les idéologies de gauche et de droite: Le socialisme, le libéralisme et le néoliberalisme. Je vous donne donc les définitions selon le dictionnaire en ligne Toupictionnaire. Je crois qu’elles peuvent être considérées justes par toutes les personnes d’une idéologie ou de l’autre.

Définition du socialisme

Etymologie : du latin « socialis », sociable, pour la société, lui-même dérivé de « socius », associé.

Le socialisme est une doctrine politique et économique qui vise, à l’inverse du modèle libéral, à réformer le système de propriété privée des moyens de production et d’échange et à l’appropriation de ceux-ci par la collectivité.
Les valeurs fondamentales du socialisme sont : l’absence de classes (au moins à ses origines), l’égalité des chances, la justice sociale, la répartition équitable des ressources, la solidarité, la lutte contre l’individualisme, l’intérêt général prévalant sur les intérêts particuliers…

Dans la théorie politique marxiste, le socialisme est la période de transition entre l’abolition du capitalisme et l’avènement du communisme avec la disparition de l’Etat. Pendant cette période, la « dictature du prolétariat » s’exerce par l’intermédiaire de l’Etat sur l’ensemble de la société.

Chez les non marxistes, le socialisme est la dénomination générale des doctrines des partis de gauche qui cherchent à rénover l’organisation de la société en vue de la justice sociale.

Les socialismes
Les variantes du socialisme sont nombreuses. Leur caractéristique commune est moins la remise en cause de la propriété privée que la recherche d’une plus grande justice sociale. Ces mouvements s’opposent sur d’autres sujets fondamentaux comme le rôle de l’État, le parlementarisme, la démocratie directe…
Historiquement, des formes de « socialisme » sont apparues dans l’Antiquité et au Moyen Age (Anabaptisme), mais c’est au XIXe siècle, en réaction aux conséquences sociales et économiques néfastes de la révolution industrielle, qu’est né le socialisme moderne.

Le socialisme utopique dont le but est de rendre le monde plus heureux (Début du XIXe), avec Fichte, Saint-Simon, Proudhon, Owen…

Le socialisme scientifique ou marxisme, théorisé par Karl Marx et Friedrich Engels, qui nécessite la lutte des classes et la suppression du capitalisme.

Le communisme russe (ou bolchevisme) développé par Lénine, avec la suppression de la propriété privée.

Le socialisme réformiste (par opposition à révolutionnaire) rejetant la violence et s’appuyant sur l’Etat pour réaliser la transformation sociale.

Le socialisme autogestionnaire ou libertaire, partisan de la suppression immédiate de l’Etat et qui, au sein de la classe ouvrière, défend l’autogestion et le fédéralisme (Cf. anarchisme).

Le socialisme démocratique, apparu après la Seconde Guerre mondiale, est issu du socialisme réformiste. Il préconise des réformes sociales pour améliorer la situation des salariés et de ne transférer à la collectivité (nationalisation) que les moyens de production les plus importants. On le retrouve dans les partis « socialistes », « travaillistes », « socio-démocrates » européens..

Définition du libéralisme

Etymologie : du latin « liberalis », généreux, noble, digne d’une personne libre.

Historiquement, le libéralisme est une doctrine politique, apparue au XIXe siècle, qui réclamait la liberté politique, religieuse, économique, etc., dans l’esprit des principes de 1789. L’anglais John Locke (1632-1704), qui a fait de l’individu et de ses droits inaliénables (liberté, propriété…) le centre et l’origine des relations sociales, en fut l’un des précurseurs

En matière politique, le libéralisme est, de nos jours, une attitude qui défend la démocratie politique et les libertés individuelles. (opposé : totalitarisme).

En matière économique, le libéralisme est une doctrine qui défend la libre entreprise et la liberté du marché. Le principe fondamental du libéralisme est qu’il existe un ordre naturel qui tend à conduire le système économique vers l’équilibre. La loi de l’offre et de la demande, par exemple, conduit à l’équilibre entre la production et la consommation sous réserve de liberté des marchés et de libre concurrence, seules sensées garantir l’ajustement optimum des ressources disponibles (offre) à la demande. S’il peut agir librement, l’homme en tant que premier agent économique peut atteindre cet ordre naturel. Les intérêts de l’individu et de la société sont alors convergents.
Le libéralisme économique s’oppose au contrôle par l’Etat des moyens de production et à l’intervention de celui-ci dans l’économie, si ce n’est pour coordonner les entreprises ou garantir un marché équitable (opposé : étatisme, dirigisme, socialisme, communisme).

Le projet global du libéralisme, mis en oeuvre à partir des années 80, consiste à transformer la société pour qu’elle réponde pleinement aux exigences du capitalisme :
libre circulation des capitaux,
mise en concurrence des travailleurs et nivellement par le bas des salaires et droits sociaux,
suppression de services publics,
suprématie absolue de l’économie.
L’idéologie libérale est le fondement des grandes instances mondiales, comme l’OMC ou le FMI qui par leur supranationalité échappe à toute légitimité démocratique. Elle est la seule enseignée dans les grandes écoles où aucune autre vision n’est étudiée. Elle est la seule logique des grandes entreprises et du capitalisme et tend à devenir la seule référence des gouvernements, de droite comme de gauche.
Présenté comme loi naturelle, le libéralisme devient alors intouchable, ce qui lui permet d’échapper aux aléas électoraux du jeu démocratique.

Définition du néolibéralisme

Etymologie : du latin « neo », nouveau et « liberalis », généreux, noble, digne d’une personne libre.

Le sens originel de « néolibéralisme » désigne, en matière économique, différentes écoles libérales du XXe siècle, comme l’école autrichienne ou celle de Chicago. Ce courant est aussi appelé néoclassique.

Utilisé depuis quelques années en Europe, le « néolibéralisme », voire l’ »ultralibéralisme », est un terme plutôt vague, ayant une connotation péjorative, pour désigner tout à la fois une idéologie, une vision du monde, des modes de gouvernement, des théories marquant un renouveau et une radicalisation du libéralisme, forme actuelle du capitalisme.

Le terme de néolibéralisme est utilisé, essentiellement par ses détracteurs, pour désigner les politiques :

  • de Margaret Thatcher (Royaume-Uni) et de Ronald Reagan (Etats-Unis) dans les années 1980,
  • des instances supranationales comme le Fonds Monétaire International, l’Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale,
  • de l’Union européenne aujourd’hui.

Le néolibéralisme se caractérise par :

  • une limitation du rôle de l’Etat en matière économique, sociale et juridique ;
  • l’ouverture de nouveaux domaines d’activité à la loi du marché
  • une vision de l’individu en tant qu’ »entrepreneur de lui-même » ou « capital humain » que celui-ci parviendra à développer et à faire fructifier s’il sait s’adapter, innover…

Les partisans du néolibéralisme le présentent comme faisant l’objet d’un consensus et comme étant sans alternative. Ses conséquences doivent être perçues comme des phénomènes inévitables qu’il faut accepter. Les idées opposées au néolibéralisme sont qualifiées d’archaïques.

Les reproches faits au néolibéralisme :

  • accroissement des inégalités sociales et de la précarité;
  • réduction de la souveraineté nationale;
  • frein au développement économique du tiers monde;
  • transformation de l’homme en marchandise…

Historiquement, la dichotomie gauche/droite en politique est originaire de la révolution française de 1789. À l’Assemblée Nationale ceux des députés qui favorisaient le roi siégeaient du coté droit et ceux qui s’y opposaient, du coté gauche. Ce concept s’est étendu à toutes les démocraties.

La droite en est venue à représenter la rigueur morale et le conservatisme. Les valeurs de droite sont l’ordre, le travail, la famille et la responsabilité individuelle. Les principaux courants de la droite actuelle sont le libéralisme et le néolibéralisme.

La gauche, elle, représente le changement en faveur des classes sociales plus modestes. Les valeurs principales principales de gauche sont la justice sociale, l’égalité, la solidarité, l’humanisme, la laïcité. Les principaux courants actuels sont le socialisme, le communisme et la social-démocratie.

Parlant pour moi-même, je considère souvent les gens de gauche comme des rêveurs alors que ceux de droite, plus terre à terre, des réalisateurs. Ces deux mouvements opposés se complètent, mais ils sont rarement d’accord. De ma propre nature, je me situe un peu à droite du centre, mais j’ai des sympathies envers certaines des valeurs de gauche.

J’espère que ce petit exposé aura répondu aux questions de ceux qui se sont toujours interrogés sur les origines de la gauche et de la droite.

[Slashdot] [Digg] [Reddit] [del.icio.us] [Facebook] [Technorati] [Google] [StumbleUpon]

A propos de l'auteur

Philippe

Mon nom est Philippe. J'habite sur la rive sud de Montréal. Je suis un technicien en informatique qui aime discuter de toute sorte de sujets. Bienvenue sur mon blogue!

8 Réponses à “Gauche vs Droite”

  1. Je suis plutôt ambidexe du cortex. J’ocille entre la droite et la gauche, me gardant de glisser vers les fossés qui se trouvent trop à gauche ou trop à droite.

    Sur cette ligne médiane, avec quelques incursions un peu ici à gauche et là à droite, je me trouve dans une zone de confort ma foi assez agréable de nuance et d’équilibre.

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  2. Bonne description idéologique! Mais, un petit bémol : le libéralisme classique (dans le domaine social surtout) s’apparente plus au progressisme qu’aux valeurs de droite. En effet, dans les années 60 au Québec, le PLQ était un parti « social-démocrate » en opposition aux idées conservatrices de l’Union Nationale. Mais les temps ont bien changé. Les libéraux ressemblent aujourd’hui de plus en plus aux conservateurs (dû moins en matière économique).

    À mon avis, la mouvance droite-gauche ou gauche-droite dans l’histoire suit un balancier. La droite prédomine lorsque les conditions socio-économiques tendent vers la prospérité, et la gauche s’implante lorsque la pauvreté et les inégalités deviennent insoutenables pour la majorité. En ce sens, prédire la mort de la gauche est prématurée. Les écarts de richesses dans le monde s’accroissent, ce qui peut expliquer la naissance de régimes socialistes en Amérique latine.

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  3. Oui Omo-erectus, l’équilibre, y’a que ça de vrai!

    Je vais peut-être te surprendre Philippe, mais je ne suis pas du tout socialiste. Je suis pour une démocratie forte (ce qui n’est pas encore le cas) qui contrôlerait de manière juste une économie dynamique (pour contrebalancer sa tendance à oublier la totalité des individus). Même que je crois que l’économie devrait délaisser de plus en plus la spéculation et axer la croissance sur sa capacité de participer au bonheur commun. Donc, une économie utilitaire qui n’occupe plus la première place, mais qui est assujettie à nos désirs. En somme, je suis humaniste.

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  4. @ Jimmy et Renart:

    Je suis très heureux d’avoir retrouvé vos commentaires. Il étaient tous deux très pertinents et ç’aurait été une grosse perte à cette discussion si je n’avais pas su qu’ils avaient été filtrés. Les commentaires devraient apparaitre instantanément, alors n’hésitez pas à me contacter (par la page de contact ci-haut) si le commentaire n’apparait pas après l’avoir soumis.

    @ Jimmy: Tu as raison. Le Parti Libéral ne prend pas son nom du même libéralisme dont il est question ici et on traditionnellement été à la gauche en opposition au Parti Conservateur et l’Union Nationale.

    @Renart: Je ne crois pas qu’aucun pays ait réussi à atteindre l’équilibre entre la responsabilité sociale et la prospérité économique. Mais on peut continuer d’essayer. :)

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  5. Tout est bien qui finit bien!

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  6. Ça synthétise bien les choses, en effet. Quelques oublis, mais bon.

    La seule façon d’atteindre l’équilibre entre la responsabilité sociale et la prospérité économique est de miser sur le citoyen éclairé et responsable.

    À l’ère d’internet, un citoyen éclairé et responsable pourrait prendre part (comme on le fait ici d’ailleurs) au débat et aux décisions de société. Technologiquement, c’est possible. Sécuritairement, c’est possible aussi (dites le moi sinon pour que je vide mes comptes de banque tout de suite).

    À chaque fois, on me réponds la même chose « Ça va être le bordel ».

    Et moi de répondre : « Mieux vaut le bordel que l’enfer comme en ce moment! »

    Je crois que le système de démocratie représentative est définitivement dépassé. Le système de ligne de parti est aussi dépassé. Techniquement, dans une réelle démocratie, il n’y aurait ni droite et ni gauche, seulement une longue suite de choix. Et d’actions rapides à la suite de ces choix par les éxécutants (ministres et fonctionnaires).

    Mais, le mot citoyen éclairé le dit, l’information ne pourra en aucun cas être soumise à des intérêts particuliers ou de groupe. Et, citoyen responsable signifie que, ayant conscience de son influence sur la collectivite, il devra sortir de sa paresse intellectuelle pour mettre ses culottes lorsque sa société a des choix à faire.

    Entre temps, le monde est tiraillé entre des groupes d’intérêt qui, d’un côté comme de l’autre du spectre, ne cherchent qu’à justifier leur propre existence, sous l’oeil abruti du bétail humain qui broutte, broutte et broutte des tonnes d’information qui se contredisent.

    Peut-être dans 20 ans, quand les guerres auront fini de « dégraisser » l’humanité.

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0

  7. @ Eric Bondo:

    Intéressant commentaire. Ce que tu décris là c’est l’Utopie avec un grand « U ». Difficilement réalisable.

    Une démocratie avec ni droite ni gauche impliquerait que tout le monde soit du même point de vue. Je peux te certifier tout de suite que ça ne se produira jamais. Il y aura toujours des intérêts divers pour des personnes diverses. Peut-être trouverons-nous des terrains d’entente, mais il y aura toujours des conflits idéologiques.

    Aime ou Déteste: Thumb up 0 Thumb down 0