Un message clair…
Hier soir, le peuple québécois a vomi d’une écoeurantite aigue. Le message était clair: « on est écoeurés du PLQ et du PQ! ». Les québécois ont fait savoir aux deux grands partis qu’ils en ont ras-le-bol des promesses brisées, de notre régime de santé malade, de nos routes croulantes, des accomodements raisonnables, des référendums et des chicanes avec le reste du Canada. Ils veulent du changement et, même si l’équipe de Mario Dumont n’est pas mûre et que leur programme est simpliste et que leur cadre financier ne tient pas debout, ils ne peuvent pas faire pire que les autres. Tel était le niveau de dissatisfaction des québécois hier.
« C’est le début d’un temps nouveau », dixit Mario Dumont et il faut le croire. L’ADQ est devenue une force crédible et on peut facilement imaginer qu’ils puissent prendre le pouvoir au prochain tour si le PQ et le PLQ ne s’adaptent pas rapidement. Le PLQ devra utiliser ce nouveau mandat et travailler d’arrache-pied pour faire oublier leur bilan. Le caucus libéral ne forcera pas Jean Charest à céder sa place, mais il devra lui-même reconsidérer son avenir. Il a mené la campagne de A à Z. Il a choisi le moment et la plateforme. La campagne a été désastreuse et on a tout juste réussi à sauver les meubles. Reste à voir Si Jean Charest est capable de faire oublier ses erreurs où si son impopularité deviendra un boulet pour le parti. Plusieurs sont déjà en lice pour prendre sa place, le cas échéant. Combien de temps Jean Charest pourra-t-il gouverner avec une si faible majorité? Ça reste à voir, mais pour l’instant on peut prédire que le PQ n’a pas d’intérêt à forcer des élections hâtives et risquer de perdre plus qu’il n’a déjà perdu.
Pour le PQ, la pilule est encore plus amère. « Ça sent 1976″, disait André Boisclair. Ça avait l’air plus comme 1970! En effet, il faut remonter jusque là pour trouver un résultat plus médiocre pour le PQ en terme de vote populaire. Heureusement pour le PQ, ça s’est quand même traduit en un nombre respectable de sièges. Mais il n’empêche que le Parti Québécois doit penser sérieusement à son avenir. Le fait que les québécois ont opté de voter pour l’ADQ en protestation du gouvernement plutôt que le PQ et que le PQ soit relégué au troisième rang signifie que le message souverainiste ne passe plus. Tout le blâme ne peut pas tomber sur les épaules d’André Boisclair. Il a souvent dû se battre contre ses propres troupes et a souffert de plomb dans l’aile autant de tirs amis que de tirs ennemis. Mais les péquistes sont rarement tendres envers leurs chefs et il y a fort à parier que les jours de M. Boisclair sont comptés. Il est souvent plus facile de congédier le coach, que l’équipe. Mais le PQ devra aussi mettre de l’ordre dans son idéologie, si ses partisans ne désirent pas redevenir un parti marginal. Le PQ s’entêtait à pousser un message référendaire radical à un moment où les sondages montraient que la grande majorité des québécois ne voulaient pas d’un autre référendum et l’entêtement de M. Boiclair qui insistait qu’un référendum pourrait quand même avoir lieu s’il était élu minoritaire, n’a qu’accentué le mouvement vers l’ADQ. Il serait peut-être sage pour le PQ de mettre son projet souverainiste sur la glace, s’il ne veut pas sombrer. Avant de reconstruire le Québec, le PQ devra songer à se reconstruire.









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PQ = souveraineté, on ne peut en démordre. Alors si le PQ ne parle plus de souveraineté, il n’a plus sa raison d’être. À moins d’utiliser PQ diète ??
Tant qu’il y aura du fédéralisme dit d’ouverture, les gens ne voudront rien entendre de la souveraineté. Quand le fédéralisme recommencera à nous mépriser, alors là, peut-être que les gens voudront entendre parler de souveraineté.
À court terme l’ADQ est donc très bien positionnée. Il leur restera à prouver qu’ils peuvent réellement faire des choses. Parce qu’aujourd’hui, de l’ADQ on ne connait que les promesse de Mario sans plus.
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André Boisclair a déjà déclaré ce matin que la souveraineté n’est pas réalisable à court-terme. Ce qui veut dire que pour l’instant, et jusqu’à ce que le moment soit propice, le PQ va mettre la question de la souveraineté en veilleuse. Ce n’est pas comme si ils ne l’avaient pas déjà fait avant. Je crois que pour le PQ, il est important de reconstruire sa base et d’attendre son moment. Je suis sûr qu’ils auront d’autres occasions de ressortir leur discours souverainiste. En attendant, peut-être trouveront-ils d’autres arguments plus convaincants.
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